Qu’est-ce que l’innovation sociale et responsable

Qu’est-ce que l’innovation sociale et responsable

En France, il n’est pas toujours facile de plaider la cause de l’innovation sociale : elle est souvent perçue comme un synonyme de l’Economie Sociale et Solidaire, ou assimilée à l’innovation technologique. Or, l’innovation sociale n’est pas un sujet restreint à ces deux domaines. L’invention de nouvelles méthodologies et de nouvelles façons de pensées devrait permettre de contourner les défis contemporains de la société. L’alliance entre l’acteur public, les entreprises, et les acteurs de la société civile pour faire ensemble la société est l’enjeu central.

Nous pensons donc qu’il est nécessaire d’élargir le champ de l’innovation sociale pour en faire la méthode de transition d’un monde à l’autre. Nous vivons non la crise mais la grande transformation de nos sociétés. L’obsolescence de nos systèmes impose de mener des politiques de transition, écologique, sociale, économique et culturelle.

Pour cela, nous préférons utiliser le terme « l’innovation sociale et responsable » pour donner plus de sens à la dimension éthique et mettre en avant l’enjeu d’alliance des acteurs autour de développement durable au sens large reliant le social, l’économie, l’écologie, et la culture.

  • L’innovation sociale et responsable est un chantier considérable de compétitivité économique : le « social » concerne des milliards d’argent public, des millions d’emplois. Améliorer la réponse sociale, c’est sauver des emplois, optimiser l’usage de l’argent public, réduire le coût des destructions du lien social.
  • L’enjeu est de faciliter le changement d’échelle. Nous devons relier l’expérimentation (recherche et développement) et les processus de capitalisation, évaluation, prototypage, duplication, dissémination, dans un dialogue entre le local, territoire de projets, et le central, prescripteur de normes et de politiques, faute de quoi les initiatives de l’innovation sociale et responsable restera aux marges d’un système en faillite.
  • La négociation d’un droit à l’expérimentation (droit de dérogation, financement de start-up sociales, financement de la recherche-développement) est une condition de ce rapprochement up/down, pour transformer les politiques publiques.
  • Les acteurs de l’innovation ne se réduisent pas à l’ESS, intense foyer d’initiatives, mais doivent faire converger entreprises, associations, collectivités et inventer des partenariats public/privé et privé/privé audacieux.
  • L’enjeu central est d’inventer un nouveau paradigme des politiques publiques : capter les opportunités des technologies pour produire de nouveaux services, co-construire les dispositifs avec et par les habitants, implanter des programmes intégrés, transversaux, décloisonnés.

La question des droits culturels et donc de l’éducation est un chantier prioritaire, au croisement du culturel, de l’éducatif et des technologies. De cela dépend le combat contre les populismes, la mise en échec du recul éducatif, le renforcement des « capabilités » des personnes. Nous voulons contribuer à la transition éducative.